Communiqué


Suite à l'article de la république du centre et après l'envoi d'une lettre anonyme, Imanis communique 





Imanis communique 
Le 5 février, un courrier anonyme signé des « défenseurs des droits des enfants » met en cause l’association et plus particulièrement le centre d’accueil et d’orientation de mineurs isolés de Pierrefitte-ès-Bois. 
Nous sommes abattus devant tant d’agressivité et d’accusation. 
L’association qui soutient depuis près de 25 ans les plus démunis subit depuis quelques jours, le feu nourri de personnes malintentionnées. 
Depuis le 2 novembre, ce sont 27 professionnels qui accueillent 7j/7 et 24h/24 les 95 mineurs évacués de la lande de Calais. 
A ce jour, 22 jeunes sont partis en Grande-Bretagne. Les équipes en ont accompagnés 19 jusqu’aux aéroports de Roissy et d’Orly le 9 décembre 2016. Les 12 janvier 2017 et 1er février 2017, les travailleurs sociaux ont accompagné jusqu’à Londres les 3 derniers jeunes admis sur le territoire Britannique. 
Il demeure aujourd’hui, 9 jeunes à Pierrefitte ès Bois et 24 à Cerdon, encadrés par 24 professionnels, travailleurs sociaux, psychologue clinicien, traducteurs, professeurs de FLE, juristes... plus des intervenants du rectorat pour la scolarisation. 
Il nous est reproché de ne pas leur expliquer les démarches les concernant...
15 décembre 2016
: Monsieur le Sous-Préfet en présence de Madame le Maire, Mesdames FLIN et 
BOUTEILLER est venu informer les jeunes des réponses des Britanniques. 
30 décembre 2016 : Information de Monsieur GONÇALVES, Madame BOUTEILLER et un traducteur informent les jeunes sur les différentes procédures possibles pour les jeunes depuis les réponses négatives des Britanniques (contestations, évaluation de l’âge, demande d’asile pour les majeurs, prise en charge par l’ASE pour les mineurs). 
11 janvier 2017 : Monsieur le Sous-Préfet en présence de Madame le Maire, Mesdames FLIN et BOUTEILLER, Messieurs GUILLAUME et GONÇALVES et d’un traducteur, informe les mineurs des démarches à entreprendre pour les jeunes ayant reçus des réponses négatives des Britanniques. Le personnel chargé de l’évaluation de l’âge est présenté aux jeunes. 
13 janvier 2017 : Madame le Secrétaire Général de la préfecture du Loiret, Madame FLIN, Messieurs GUILLAUME et GONÇALVES et le traducteur informent les mineurs des démarches à entreprendre pour les jeunes ayant reçus des réponses négatives des Britanniques. Il est annoncé à deux majeurs leur départ imminent pour un centre d’accueil pour adulte. Les deux jeunes refusent catégoriquement de partir et resterons finalement sur site. 
26 janvier 2017 : Mme FLIN, un traducteur en Français et un traducteur en anglais organisent une séance collective d’information avec projection. Une vingtaine de jeunes sont présents, avant de quitter brusquement la salle sur ordre de plusieurs mineurs leaders du centre. Finalement, seulement deux jeunes assisteront à notre séance. 
En plus de ces séances collectives, l’ensemble de l’équipe a pu rentrer en contact individuellement avec chaque jeune pour expliquer les nombreuses démarches à leur disposition. Plusieurs affichages en plusieurs langues sont également affichés. 
Depuis les annonces de refus des Anglais les jeunes sont sous tension 
Après avoir traversé l’Afrique, la Méditerranée, l’Europe, 3 000 mineurs s’entassent dans la Lande de Calais où ils survivent dans des conditions inhumaines. L’Etat français décide de les prendre en charge dans des CAOMI (Centre d’Accueil et d’Orientation des Mineurs Isolés). Le Loiret accueille 95 jeunes. L’ouverture des centres de Pierrefitte-ès Bois et de Cerdon du Loiret est réalisée en 3 jours. 
Les jeunes ne souhaitent qu’une chose depuis leur arrivée : rejoindre l’Angleterre. 
L’annonce des refus de la part des autorités anglaises est un drame, dès lors ils n’auront de cesse de crier leur désespoir en manifestant dans les rues du village de Pierrefitte et en se refermant sur eux-mêmes. La tension monte, certains refusent de participer aux tâches ménagères, d’autres démarrent une grève de la faim, d’autres encore s’en prennent à l’association, l’accusant de ne rien faire pour qu’ils partent en Grande-Bretagne. Dans le même temps à Cerdon, les jeunes s’organisent et avec le soutien des professionnels, argumentent la contestation à la réponse négative britannique et entament leurs évaluations de l’âge. 
Le 23 janvier 2017 à Pierrefitte ès Bois : Une vingtaine de jeunes entre avec fracas dans le bureau d’accueil, les professionnels sont pris à parti. Le ton monte. Les jeunes veulent partir en Grande- Bretagne. Plusieurs mineurs se montrent menaçants, ils crient, tapent sur la table, renversent du matériel et le piétinent. L’astreinte de la direction est appelée. Nous envisageons l’intervention des forces de l’ordre mais l’équipe de terrain réussit à ramener le calme. La direction se déplace pour rappeler aux jeunes que leur comportement n’est pas acceptable. 
Le 25 janvier 2017 à Pierrefitte ès Bois : Compte tenu de la tension signalée par l’équipe de terrain, la direction est présente pour le diner. A la fin du repas plusieurs jeunes ne débarrassent pas leur couvert et bousculent le directeur général pour sortir. D’autres hurlent et fuient par les issues de secours en laissant les tables en l’état. Il reste une dizaine de mineurs qui acceptent de débarrasser et de faire le ménage pour les autres. 
Le 26 janvier 2017 à Pierrefitte ès Bois : Compte tenu de la tension de la veille la direction et le coordinateur de Cerdon assistent au diner de Pierrefitte ès Bois. La fin du diner, même réaction de provocation. Plusieurs ne débarrassent pas leurs assiettes, crient et menacent. Le directeur du site est chahuté par plusieurs jeunes mais réussit à ramener le calme pendant que d’autres filment la scène. 
Le 28 janvier 2017 à Pierrefitte ès Bois : Lors du diner, Madame FLIN et un travailleur social constatent le vol de plusieurs desserts pendant le service. Pire, un jeune à qui l’équipe a distribué son repas explose de colère. Il casse son assiette et le ton monte. L’astreinte de la direction est appelée. Le travailleur social en pleurs demande notre intervention. Un temps imaginé, l’appel aux forces de l’ordre est repoussé. Madame FLIN arrive à ramener le calme. Des jeunes présents sont choqués par de tels comportements. La direction signale l’incident aux autorités. 
Informations transmises par le gestionnaire du centre d’accueil : 8 dalles de plafond de la salle d’activité sont cassées par les jeunes qui jouent au ballon dedans, malgré notre interdiction. L’écran de télévision a été cassé. Les armoires de certaines chambres sont taguées. Des couvertures ont disparu. Des draps ont été utilisés pour faire des banderoles. Disparition de vaisselle, verres et couverts malgré le réassort. 
Constatation par l’équipe et la direction : les toilettes du réfectoire sont toujours sales. Les Jeunes refusent de les nettoyer et l’équipe, non soutenue pas les jeunes, refuse à son tour de les nettoyer. Plusieurs jeunes participent régulièrement aux taches ménagères quand d’autres ne font jamais rien. L’alarme incendie est déclenchée le 31 janvier car des jeunes fument dans une chambre. Des néons dans la salle d’activité sont cassés car plusieurs jeunes jouent au foot dans la salle malgré plusieurs rappels à l’ordre. 
Il nous est reproché des mesures radicales et des privations... 
Devant les faits de violences répétées, face à la non participation de certains aux tâches ménagères, après les bousculades commises sur la direction : il est décidé de maintenir éteinte la télévision qu’il ont d’ailleurs finis par casser. 
Nous précisions là que l’accès à la télévision est un des rares leviers éducatifs à notre disposition sur ce centre. Nous avons indiqué que l’accès à la télévision serait permis lorsque les violences cesseraient et que tous les jeunes participeraient à nouveau à la vie du centre. 
Quant aux activités extérieures, une sortie « cheval » a été reportée au moment où les faits de violence étaient les plus forts. La direction a en effet estimé que la sécurité des personnels n’était pas assurée. 
Pour le reste, le fonctionnement du centre est identique en tout point à celui de Cerdon. Les équipements sont même de meilleure qualité au centre de Pierrefitte ès Bois. Les jeunes de Cerdon, encadrés par une équipe similaire, ont participé aux sorties piscine, vélo... organisées par l’association. 
Il nous est reproché de menacer leur santé et de les faire souffrir... 
Une psychologue clinicienne est présente à temps plein sur les sites de Cerdon et de Pierrefitte ès Bois. Tous les mardis depuis leur arrivée, nous les accompagnons à l’hôpital de Gien pour qu’ils soient vus par des médecins. Nous avons fait venir un camion radiographique pour lever les doutes quant au risque de contamination des jeunes par la tuberculose. Nous tavaillons en étroite collaboration avec le service de psychiatrie pour les cas les plus sensibles. 
Il nous est reproché d’offrir de la nourriture avariée... 
Nos centres de Pierrefitte ès Bois et de Cerdon sont approvisionnés par un fournisseur de collectivité. Des compléments d’achat sont réalisés chez les boulangers, les agriculteurs locaux. Un partenariat avec la banque alimentaire nous permet d’améliorer l’ordinaire grâce aux invendus des grandes surfaces et des industriels. Un arrêté préfectoral permet à l’association de redistribuer ces denrées. Nous constatons que les jeunes, comme les adultes, qui déjeunent sur site sont ravis de la qualité des mets servis. Aucune plainte n’a jamais été formulée. Par ailleurs nous effectuons des prélèvements tests de la nourriture, comme dans toute cuisine collective. Nous rappelons que nous accueillons aujourd’hui plus de 400 personnes et sans le soutien du réseau de la banque alimentaire nous serions dans l’incapacité d’offrir des repas copieux aux plus démunis que nous accueillons. 
Il nous est reproché de ne pas donner de couvertures... 
Chaque jeune dispose d’une ou deux couvertures sur son lit. Les jeunes poussent le chauffage et de nombreuses chambres sont surchauffées. A Pierrefitte ès bois, en deux mois nous aurons payé 12 000 € d’énergie. Malgré toute la pédagogie utilisée auprès des jeunes, nous constatons qu’ils peinent à régler le thermostat et ouvrent grand les portes pour se rafraichir. 
Il nous est reproché de ne pas offrir d’activité... 
Chaque jeune a accès à la salle d’activité de 8h à 22h. Deux baby-foot, des instruments de musique, des jeux de société sont à leur disposition. Nous avons disposé dans cette salle un distributeur de thé tout au long de la journée. Des cours d’anglais et de français sont proposés tout au long de la semaine. Quelques élèves sont très assidus. Des sorties ont toujours été proposées. Depuis le retour du calme, et maintenant que la sécurité des personnels est à nouveau assurée, de nouvelles sorties ont été organisées par l’équipe (visite du pont canal de Briare, Gien...). 
Un malaise persiste 
Nous pensions que les mineurs leaders de Pierrefitte ès Bois étaient manipulés depuis plusieurs semaines par des réseaux extérieurs. Nous avons la certitude désormais que quelques adultes recrutés spécifiquement pour quelques semaines pour compléter notre équipe ont participé à la manipulation des jeunes. Nous ne comprenons pas leur volonté et nous inquiétons de leurs pratiques. 
Nous voyons depuis plusieurs jours des jeunes quitter le centre. Nous sommes très inquiets pour leur sécurité et craignions pour leur intégrité. 
Devant la violence des accusations, l’association a demandé aux représentants du personnel de lancer une enquête interne.
Pour faire toute la lumière, nous avons demandé aux services de l’État et au Défenseur des Droits de diligenter des enquêtes. 
Dans l’attente des comptes-rendus de ces enquêtes que nous rendrons publics, nous ouvrons les portes des centres de Cerdon et de Pierrefitte à toutes les rédactions, à tous les médias qui voudront bien découvrir notre fonctionnement, comme nous l’avons déjà fait cette semaine avec la république du Centre et France 3. 
Nous sommes meurtris par ce flot de mensonges. Vos nombreux messages de soutien nous réchauffent le cœur et nous aident à tenir. 
Nous constatons aussi, qu’avec la même association, la même direction générale, la même direction, la même composition d’équipe, le même taux d’encadrement, le même fonctionnement, la même envie de servir et d’apporter soutien et réconfort à tous, les résultats sont diamétralement opposés. 
D’un coté, à Pierrefitte où les jeunes ont été manipulés contre nous, où ils ont fait preuve d’un mépris grandissant contre nos équipes et en sont arrivés à des violences inacceptables. De l’autre, à Cerdon, un centre où 26 jeunes ont réalisé leurs contestations et ont finalisé leurs entretiens pour évaluer leur âge. Un centre où chacun participe à la vie quotidienne et aux sorties régulièrement organisées, où les jeunes participent aux cours qui leur sont proposés, où l’on se respecte et l’on s’apprécie. 
Même si le mal est fait et que l’on ne sort jamais indemnes d’une telle campagne de calomnie, nous savons que la vérité finira par éclater. 
Nous savons aussi que les raccourcis vont aller bon train de l’autre coté. Aussi nous réaffirmons que : 
- de nombreux jeunes ont été exemplaires durant leur séjour,
- nombreux sont ceux qui ont participé à l’entretien des centres,
- plusieurs ont fait des progrès extraordinaires grâce à l’apprentissage de la langue,
- de nombreux jeunes ont pu bénéficier de soins et retrouver une bonne forme physique et 
mentale,
- nombreux sont ceux qui remercient du fond du cœur la France et l’association pour leur 
générosité, 
Merci à toutes et tous pour votre confiance.  

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